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Le bélier de l'Homme aux loups

installation sonore - 2012
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Au commencement, il y a le sauvage. Et parce qu’il y a le sauvage, il y a le loup.
Et parce qu’il y a le loup, il y a le mouton et il y a le bélier.
Parce qu’il y a le bélier, il y a le berger. Parce qu’il y a le berger, il y a l’homme.
Et parce qu’il y a l’homme, il y a la loi, il y a le moi et le surmoi, et il y a le ça. Et il y a ça, le rêve de l’homme.
Et parce qu’il y a le rêve de l’homme et le loup, il y a le rêve de l’Homme aux loups.
Parce qu’il y a le berger, le bélier et le rêve de l’Homme aux loups, il y a Le bélier de l’Homme aux loups.

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Sur un socle, un bélier et un haut-parleur se font face. Le bélier (jouet en plastique) est immobile. Du haut-parleur s’échappe une voix de terroir lisant la description du rêve de Sergueï Constantinovitch Pankejeff, patient de S. Freud, dit «l’Homme aux loups» :

«J’ai rêvé que c’est la nuit et que je suis couché dans mon lit (le pied de mon lit était contre la fenêtre, devant la fenêtre se trouvait une rangée de vieux noyers ; je sais que c’était l’hiver quand je rêvais, et pendant la nuit). Soudain, la fenêtre s’ouvre d’elle-même et je vois avec un grand effroi que sur le grand noyer devant la fenêtre quelques loups blancs sont assis. Ils étaient au nombre de six ou sept. Les loups étaient tout blancs et avaient plutôt l’air de renards ou de chiens de berger, car ils avaient de grandes queues comme des renards et leurs oreilles étaient pointées comme chez les chiens quand ils guettent quelque chose. En proie à une grande angoisse, celle manifestement d’être dévoré par les loups, je poussai un cri et me réveillai. Ma bonne d'enfants accourut au chevet de mon lit pour voir ce qui m'était arrivé. Un bon moment s'écoula jusqu'à ce que je sois convaincu que ce n'avait été qu'un rêve, tant l'image par la fenêtre qui s'ouvre et des loups qui sont assis sur l'arbre m'était apparue naturelle et nette. Je finis par me calmer, me sentis comme délivré d'un danger et me rendormis. (...).
L'unique action dans le rêve était celle de la fenêtre qui s'ouvre, car les loups étaient assis, tout à fait calmes, sans le moindre mouvement, sur les branches de l'arbre, à droite et à gauche du tronc, et me regardaient. Ils semblaient avoir dirigé toute leur attention sur moi. - Je crois que ce fut là mon premier rêve d'angoisse. J'avais alors trois, quatre ans, cinq au plus. Désormais, j'eus toujours jusqu'à ma onzième ou douzième année l'angoisse de voir en rêve quelque chose d'effroyable.»
Sigmund FREUD, L’Homme aux loups, à partir de L'histoire d'une névrose infantile traduit de l'allemand par Janine Altounian et Pierre Cotet, PUF 1990.

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conception, réalisation et création sonore > Arno Fabre
lecture > Arno Fabre
diffusion >
c15d - licences d'entrepreneur de spectacles n°2-1040173 et 3-1040174

merci à Paul et à toute l'équipe de la
Maison Salvan pour leur invitation et leur confiance

Le bélier de l'Homme aux loups est une production de la Maison Salvan / Ville de Labège - 2012.